Grâce à un message posté sur les réseaux sociaux, Marine, SDF de 20 ans, retrouve une famille

C’est la belle histoire du jour : à la rue depuis plus d’un an, Marine, 20 ans, a trouvé une famille d’accueil après un appel lancé sur les réseaux sociaux qui a emballé la toile.

C’est ce qu’on appelle une histoire qui finit bien, et ce grâce à la solidarité des internautes. Après un an passé dans la rue et ses dangers, Marine, 20 ans, a fini par trouver un toit… et même une nouvelle famille.

Tout est parti d’un message posté par une association de Meaux (Seine-et-Marne) pour venir en aide à la jeune femme. Il n’a fallu que quelques heures et des centaines de partages sur les réseaux sociaux pour que la situation de Marine fasse le tour de la toile.

Une bouffée d’oxygène après la rue

Jusqu’à cette jeune femme, qui propose d’héberger la jeune sans-abri le temps d’un week-end. Une bouffée d’oxygène pour la jeune SDF qui a pu souffler, se mettre au chaud, dîner et prendre une douche. Des plaisirs simples mais dont elle était privée depuis un an.

Une étudiante m’a contactée pour que je vienne dormir chez elle dans l’attente d’une solution pérenne. On ne se rend pas compte à quel point avoir un lit, une douche, un toit et être au chaud, c’est important.Marine

Mais la belle histoire ne s’arrête pas là. La viralité du message sur les réseaux sociaux a touché une famille qui a ouvert la porte de sa maison à Marine. « Je vais récupérer mes affaires, ils viennent me chercher ensuite » souffle-t-elle avant de prendre la route vers Melun, dans le sud de la Seine-et-Marne

Qui est la jeune fille en photo sur le message de l’association ?

Le message qui a été posté sur les réseaux par l’association Locataires Solidaires pour raconter l’histoire de Marine contenait une photo d’une jeune femme SDF, blonde, avec ses affaires, assise au sol, transie de froid. Sauf que cette jeune femme n’est pas Marine. “Je ne sais pas pourquoi l’association a fait ça. Ils ne m’avaient même pas dit qu’ils postaient un message sur les réseaux sociaux” indique Marine.

Déchirée à 8 ans

Pour comprendre comment elle en est arrivée là, il faut remonter à sa plus tendre enfance. « À deux ans, je suis placée en pouponnière. Ma mère m’a eue alors qu’elle était adolescente et n’était pas capable de s’occuper de moi », explique la jeune femme qui n’a jamais connu son père. Pendant des années, elle enchaîne les familles d’accueil et les foyers.

 La première femme chez qui je vivais était comme une mère pour moi. Quand j’ai eu 8 ans, elle est partie à la retraite et l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) a dû me trouver un nouveau logement.Marine

Cette séparation, Marine la vit très mal, une vraie déchirure. «À partir de là, je suis devenue un enfant difficile», souflle-t-elle. Les problèmes comportementaux se multiplient et elle fait en sorte d’être virée de chaque endroit où on la place. « Au total, je suis allée dans cinq foyers et sept familles d’accueil« , compte-t-elle.

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Lâchée par l’ASE dès 18 ans

La roue tourne il y a deux ans, lorsqu’elle atteint la majorité. Pour continuer à bénéficier d’un accompagnement, Marine doit se lancer dans un projet professionnel dans le cadre du contrat de jeune majeur. 

L’ASE voulait que je travaille dans la vente, mais ce n’était pas ma volonté.Marine

Sa passion, c’est la cuisine et elle veut en faire son métier. Mais ce projet de parcours professionnel ne plaît pas à l’ASE qui lui impose de travailler dans des commerces. « J’insistais sur mon mécontentement alors, la décision a été prise de ne plus m’aider » avoue avec tristesse la jeune femme.

Arrive alors une date qui va rester à jamais marquée dans son esprit. Le 18 octobre 2019, Marine entame son premier jour dehors, après que l’ASE lui a retiré son aide. Plus de foyers, plus de famille d’accueil… Son quotidien, désormais, c’est la rue.

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Face à la rue et ses dérives

Pendant de longs mois, Marine est restée à Clermont-Ferrand. Là-bas, elle tente de se réinsérer, va à l’accueil de jour pour pouvoir se laver et se restaurer. Mais très vite, le côté sombre de la rue la rattrape.

J’ai plongé dans la drogue et l’alcool. Dans la rue, on fait souvent des mauvaises rencontres. Je buvais 15 cannettes d’alcool fort par jour.Marine

À ce moment-là, la jeune femme ne s’imagine plus aucun avenir, elle dérive complètement et fait face à la violence des sans-abri. « Combien de fois ai-je dû me battre ? » se souvient-elle, évoquant aussi les agressions sexuelles qu’elle a subi de la part d’hommes.

Je refuse mais ça ne suffit pas. Il faut souvent sortir les poings. C’est horrible d’être une femme SDF.Marine

« La rue, ça peut arriver à n’importe qui »

En juin, elle part à Montpellier avant de revenir en Seine-et-Marne, sa terre natale. «Je voulais retrouver mes racines », confie Marine, qui se retrouve totalement perdue, jusqu’à ne plus être elle-même.

Ses journées consistent à errer dans les rues de Meaux et des villes alentour. Jusqu’au malaise. «Je ne me souviens de rien. Quand j’ai rouvert les yeux et j’étais dans un camion des pompiers», relate-t-elle. Entre le manque de nourriture et l’effort constant, le corps de Marine a dit stop.

La Croix-Rouge de Meaux l’a ensuite prise en charge. « Ils ont contacté l’association Locataires Solidaires qui a diffusé le message sur les réseaux sociaux pour me trouver un logement », poursuit la jeune femme de 20 ans.

Un message qui lui a offert une seconde chance : se poser, reprendre des études pour passer son CAP cuisine et avoir une vie « comme tout le monde. » Pour autant, Marine ne renie pas pour autant son passé et ces longs mois dans la rue.

Ça fait partie de mon histoire. Je ne souhaite à personne de vivre ça, mais il faut savoir que ça peut arriver à n’importe qui.Marine

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